texte autisme sur aurélien

Publié le par le Bihan Marie

 
 

Aurélien décida de venir au monde un soir de tempête

 

 

le  jour de la bienvenue.

 

 

Mais les comportements de ce petit bonhomme

 

 

nous ont paru bien vite étranges.

 

 

L’absence d’ échange

 

 

de gazouillis,

 

 

nous ont bien vite déstabilisés,

 

 

Car nous n’arrivions pas à saisir notre enfant.

 

 

 

 

 

Malgré tout Aurélien  semblait s’éveiller,

 

 

Mais de manière désordonnée.

 

 

Impossible de le toucher,

 

 

de le dorloter,

 

 

Il se raidissait.

 

 

Le contact de l’eau,

 

 

Il le fuyait.

 

 

Quand aux sons

 

 

Il les refusait en se bouchant les oreilles.

 

 

Tout pour lui devenait une agression.

 

 

 

 

 

Tous les actes du quotidien,

 

 

Prenaient des tournures difficiles,

 

 

Tout se faisait dans les cries,

 

 

Impossible de le laver,

 

 

De le Shampouiner,

 

 

De le brosser.

 

 

Il avait les comportements d’un enfant sauvage,

 

 

nous devions le contraindre.

 

 

 

 

 

Pour Aurélien, les sens,

 

 

ne semblaient  pas avoir  pas de territoire.

 

 

Ils émergeaient de partout.

 

 

Il était incapable de les réguler

 

 

et n’en percevait qu’un  magma

 

 

où tout devenait  anonyme.

 

 

 

 

 

De plus son intolérance excessive aux autres,

 

 

nous exaspérait.

 

 

Et pourtant il était notre enfant.

 

 

Il  fuyait

 

 

s’isolait

 

 

dans des contenants,

 

 

poubelles, boites, placards, duvet,

 

 

couette, dessous de tables ….

 

 

 

 

 

Parfois de manière nonchalante,

 

 

il s’allongeait au milieu des enfants.

 

 

Et s’absentait, tel un tas de chiffon,

 

 

Il ne communiquait pas.

 

 

Il était présent physiquement

 

 

 et pourtant si absent !

 

 

 

 

 

L’enveloppe charnelle de son  corps se répandait,

 

 

elle manquait de contenant,

 

 

il restait inerte.

 

 

Il brillait par son absence,.

 

 

Il était monsieur « Mou ».

 

 

 

 

 

 Malgré son indisponibilité apparente,

 

 

Aurélien fixait, enregistrait,

 

 

s’appropriait, filtrait  à sa manière.

 

 

Mais nous n’avions peu de retour,

 

 

Car il ne parlait pas,

 

 

Et semblait indifférent.

 

 

 

 

 

Nous persévérions à lui donner un univers d’enfant,

 

 

En l’incitant à regarder,

 

 

Tout était prétexte

 

 

même si il semblait indifférent

 

 

l’important était de l’éveiller,

 

 

de le stimuler, de l’ouvrir vers l’extérieur.

 

 

Car nous étions persuadés,

 

 

Qu’il était important  de  l’aider

 

 

dans  son univers singulier.

 

 

 

 

 

Le plus étonnant, c’est que dans ce chaos,

 

 

son esprit fixait à sa façon,

 

 

et nous renvoyait  de manière incongrue

 

 

des indices

 

 

trop souvent en décalage

 

 

qu’il fallait décoder.

 

 

 

 

 

Les choses ont évolués à  la naissance de Tristan,

 

 

l’aspect singulier d’Aurélien  me préoccupait.

 

 

Il avait 4 ans, ne parlait pas,  était mal venu à l’école.

 

 

Il était donc  important de me rendre disponible.

 

 

Afin prendre le temps, de poser les choses,

 

 

d’avancer pour construire avec cet enfant différent.

 

 

 

 

 

La grande maison que nous venions d’acquérir,

 

 

proposait à Aurélien un nouvel espace,

 

 

qu’il  investissait.

 

 

Le jardin devenait le lieu

 

 

où il y professait ses perpétuelles ritournelles,

 

 

S’agitant,

 

 

Courrant,

 

 

en émettant des sons dérangeant..

 

 

 

 

 

Aurélien malgré tout évoluait.

 

 

Indirectement son frère l’aider à  grandir.

 

 

Il quitta sa couche nocturne

 

 

et s’appropria son premier doudou,

 

 

un bonhomme zébré en chiffon .

 

 

 

 

 

Doucement, la cohabitation avec son frère, Tristan

 

 

a modifié ses comportements.

 

 

Aurélien s’est même mis à prendre des initiatives.

 

 

 Il prenait consciences des autres, 

 

 

et offrit son objet fétiche, son petit  train, à son petit frère.

 

 

Aurélien  est devenu le grand.

 

 

 

 

 

La relations entres les deux frères se sont  construites de manière atypiques.

 

 

Aurélien  trouvait en Tristan un enfant

 

 

qui le respectait tel qu’il était et qui l’admirait.

 

 

Les attitudes d’Aurélien restaient maladroites,

 

 

 mais elles se sont affinées avec le temps

 

 

pour tendre vers de la complicité.

 

 

 

 

 

A 5 ans, Aurélien  s’est ouvert vers l’extérieur,

 

 

Les découvertes de la nature se métamorphosaient en un grand voyage,

 

 

 il découvrait tout juste les éléments naturels, il était fasciné par les grottes, des espaces qui  proposaient des parois étonnantes,

 

 

 et se baignait volontiers dans les torrents gelés.

 

 

Aurélien montrait  enfin des envies qui semblaient le porter..

 

 

 

 

 

Les mots et le langage sont apparus vers ces 6 ans, et notre quotidien s’est transformé en un univers étonnant, voire poétique.

 

 

Tout devenait magique.

 

 

 Tout cela selon lui parce que " c'est la banane  fantôme maman qui m'a fait trébucher" il avait alors tout juste 7 ans .

 

 

 

 

 

Dès 9 ans, à travers une loupe binoculaire,

 

 

 il transformait les lamelles de champignon

 

 

en des parcours d’escalade,

 

 

 il y  apercevait même les grimpeurs.

 

 

 

Aurélien envisage plus tard d’être chimiste

 

 

Pour inventer des gels qui permettent au robots

 

 

et aux jeux de devenir réels, un monde magique .

 

 

ou les héros quitteraient nos écrans et nos livres pour s’inviter dans nos intérieurs.

 

 

 

 

 

Le matin Aurélien se coiffait avec une brosse à « coiffe ».et demandait à son petit déjeuner des cocottes minutes. « œuf à la coque »

 

 

 

 

 

Il nous proposait  de nous concocter  des shampoings magiques

 

 

qui nous permettraient de transformer notre chevelure

 

 

 en aile d’hélicoptère

 

 

 afin qu‘ensemble on s’envole

 

 

 

 

 

Avec Aurélien tout est poésie

 

 

D’internet il nous en parle

 

 

comme d’un ordinateur voyage.

 

 

 

 

 

Aurélien, notre enfant  différent

 

 

 nous propose des rencontres étonnantes.

 

 

Maintenant qu Aurélien  a 10 ans,

 

 

 il paraît comme un enfant presque comme les autres,

 

 

 il va à l’école ordinaire,

 

 

 mais aura toujours besoin d’être accompagné,

 

 

mais cela ne l’empêche pas de dévorer la vie.

 

 

 

 

 

Aurélien qui paraissait si absent  a absorbé à son rythme et à sa manière toutes ces choses qui le composent, il a fallu le stimuler, l’éveiller, l’aider.

 

 

Mais Aurélien a été très actif et la lecture l’a aider à se construire, et il partage des moments d’échange et de fous  rire  surtout avec son frère Tristan et son papa , il aime tellement blaguer.

 

 

IL est plein d’humour et grâce à la lecture son « imagination grandit de plus en plus comme un appétit d’ogre. »

 

 

 

 

 

«  J ‘ai lu qu’avec les livres, on grandit, aujourd’hui,

 

 

  j’ai grandi d’un pied et d’une main,

 

 

 je grandi à chaque fois que je lis »

 

 

 

 

 

Aurélien

 

Marie témoignage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans autisme

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