contre les fermetures de CLIS

Publié le par télégramme 4 février

Dr Mingam : « Avec les Clis on a un dispositif qui marche »
Monique Mingam est médecin coordinatrice du centre d’action médico-sociale précoce quimpérois. L’équipe du Camsp effectue un travail de rééducation auprès d’enfants âgés de quelques mois à 6 ans. La plupart souffrent d’un handicap moteur, d’autres de handicaps sensoriels, mentaux ou comportementaux. Le Dr Mingam suit également les enfants inscrits dans la Clis de l’école Saint-Corentin, à Quimper.
Que vous inspire la perspective de la fermeture envisagée de plusieurs classes d’intégration scolaire finistériennes à la prochaine rentrée ? Elle me met en colère. L’intention de vouloir intégrer les enfants handicapés dans les classes ordinaires est louable, mais il faut savoir de quels handicaps on parle. C’est évidemment bénéfique pour un enfant handicapé moteur, mais la question se pose différemment pour un enfant confronté à des difficultés d’apprentissage, de raisonnement, qui souffre de troubles cognitifs parfois importants. Et c’est le cas de ces enfants inscrits dans les Clis 1, les plus menacées apparemment. Vous imaginez un enfant affecté par ce type de handicap dans une classe ordinaire, mais ce serait un enfant en souffrance, dont les chances de progresser seraient quasiment nulles, parce c’est un enfant auquel il faut répéter plusieurs fois la même chose dans une même journée, qui, plus que les autres, a besoin de repères stables;
 
un enfant dont l’accompagnement par un enseignant spécialisé est tout à fait indispensable, parce que, précisément, un enseignant spécialisé sait qu’il aura besoin de suivre un apprentissage très concret pour avancer, selon un rythme très personnalisé. En même temps, les enfants sont intégrés à une école, puisqu’en dehors de leur classe, ils partagent des temps de vie, de sociabilité avec les autres enfants de l’école dans laquelle chacun d’eux est scolarisé.

Pour ces enfants, les classes d’intégration scolaire représentent donc une chance unique de progresser ? Oui, elles constituent actuellement le lieu techniquement le plus adapté. Nous sommes aujourd’hui en mesure de réaliser des bilans neuropsychologiques très précis, qui permettent de mieux orienter les enfants en fonction de leurs troubles : dyslexie (difficulté d’apprentissage de la lecture), dysphasie (retard important du langage), difficultés de raisonnement, troubles du comportement, etc. En ce qui concerne l’étude du QI (quotient intellectuel), on sait ce que cela va donner lorsqu’il est haut, mais quand il est bas nous n’avons aucune certitude sur la façon dont les choses vont évoluer. Raison de plus pour donner à l’enfant toutes les chances de pouvoir progresser. Les Clis jouent ce rôle. Des enfants souffrent, par exemple, parfois de troubles de la logique tout en ayant une intelligence conservée. Cela, pour leur développement, il faut pouvoir le repérer, puis en tenir compte lors de l’apprentissage scolaire.
Justement, l’Éducation nationale vous paraît-elle parée pour accompagner l’intégration des élèves handicapés ? Avec les classes d’intégration scolaire on a un dispositif qui marche bien, qui est plutôt bien adapté à l’accompagnement personnalisé de ces enfants, dont il faut rappeler qu’ils ont souvent connu, antérieurement, une situation d’échec et donc de souffrance dans le milieu scolaire ordinaire. Et là, pour une question de moyens évidemment, on voudrait détruire cet outil ! Les enfants n’ont pas besoin d’enseignants référents, ils ont besoin d’enseignants qui les accompagnent au quotidien.
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Publié dans CLIS

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