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23 septembre 2005 5 23 /09 /septembre /2005 00:00
Ouest france  Brest vendredi 23 septembre 2005
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lila est autiste. Samedi, pour la première fois, elle va témoigner au grand jour de sa maladie, sous son vrai nom et devant un public. La jeune femme, qui a suivi une scolarité classique, est aujourd'hui étudiante à Vannes. Un parcours exemplaire qui montre qu'un autiste peut devenir un adulte autonome et mener une existence quasi normale.

Lila Vinçot-Abiven, originaire de Landerneau, est arrivée en avance au rendez-vous. La jolie jeune femme de 22 ans porte un gilet vert assorti à la couleur de ses yeux, et est vêtue d'un jean. Apparemment à l'aise dans ses baskets. Lila ressemble à bien des étudiantes, et pourtant, elle est autiste.

Le syndrome dont elle souffre, celui d'Asperger, n'a été dépisté dans son cas que très récemment. « Ma mère s'est toujours posée des questions car j'avais parfois un comportement en décalage avec celui des autres enfants. Vers 5-6 ans, j'ai vu un pédiatre mais il n'a pas posé de diagnostic. » Il y a un an, Lila a consulté le docteur Lemonnier et le diagnostic a été fait.

Qu'est-ce que ça lui a apporté de mettre un nom sur ses particularités ? « Au début, j'étais divisée. J'ai mon caractère, et je ne veux pas n'être qu'un syndrome. C'est angoissant de savoir que son comportement peut déraper pour une cause neurologique. Mais de savoir m'a apporté de la lucidité et c'est utile pour s'améliorer. » Lila poursuit : « Des personnes m'ont avoué qu'elles ne comprenaient pas le décalage entre mes facultés intellectuelles et un comportement parfois incompréhensible. » Elle sourit : « Parfois, quand je m'exprime, je peux parler très fort et me montrer vraiment intransigeante dans mes opinions. » Finalement : « Ça m'a aidée à trouver un consensus avec les gens. Je leur dis : « Vous pouvez être franc avec moi, j'en ai besoin. » »

Lila est actuellement étudiante à Vannes, en sciences du langage, master deuxième année en « conception, édition et gestion du document ». Objectif : devenir documentaliste. Précédemment, elle a étudié deux ans à Bordeaux, une année à Tours, et un an à Lorient. Pas d'institut spécialisé pour Lila (les autistes peuvent être accueillis dans des classes locales d'intégration scolaire ou des Instituts médico-spécialisés) mais une scolarité classique. Lila n'a jamais redoublé.

« Vers 5-6 ans, je faisais des crises de violence, se rappelle-t-elle, Je restais dans mon monde et n'écoutais pas les autres. » Mais pas de retard mental, ni de langage. Elle a été suivie durant deux ans par un spécialiste, le temps de calmer son agressivité. « En primaire, je détestais les récréations. Je n'avais pas de vrais copains ni copines. Je m'isolais. Mais j'étais calme et avais de bonnes notes. Ça passait pour de la timidité, de l'introversion, voire de l'excentricité. À cet âge-là comme durant l'adolescence, c'est un comportement fréquent. »

« C'était mon caractère »

L'adolescence venue, ses centres d'intérêts n'étaient pas forcément les mêmes que les autres filles de son âge. Lila ne s'intéresse ni aux fringues, ni aux garçons. Pas le genre midinette. Elle aime les livres et l'informatique. Alors ? « Je m'isolais avec moi-même. Mon tempérament solitaire ne m'inquiétait pas. C'était mon caractère. » Sa mère a essayé de la pousser vers les jeunes de son âge. « Je me méfiais. J'avais du mal à comprendre leurs intentions. Je me suffisais avec moi-même. »

Au collège-lycée Saint-Sébastien, à Landerneau, Lila s'éclate en français. Notamment en dictée. « J'ai participé aux Dicos d'or. » Elle apprécie les mathématiques également. Au lycée, elle suit la filière L (littéraire). Le sport, par contre, n'est pas son truc.

Lila s'est exercée au théâtre, jusqu'à le pratiquer en option au lycée. « Je n'étais pas très douée mais ça m'a bien aidé. Je suis plus à l'aise pour faire des exposés et j'arrive à me tenir droite et à regarder les autres dans les yeux. »

Lila évite cependant les situations qui lui posent problème. Si elle a son permis de conduire (obtenu la deuxième fois), elle ne roule pas dans une grande ville comme Brest.

Mais cette jeune femme déterminée qui voulait son indépendance... est partie à Bordeaux. À la faculté, elle s'est fait ses premières vraies copines... et une première soirée en discothèque. « Je relâchais mes frustrations. Ce n'est pas parce qu'on ne réagit pas qu'on ne ressent rien. » Elle joue aux jeux vidéo et se passionne pour les mangas, ces bandes dessinées japonaises. Et pourquoi pas un petit ami un jour... Lila a appris à vivre avec sa maladie.

Propos recueillis par Laurence GUILMO.
 

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Published by le Bihan Marie - dans autisme
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