Une telle initiative, sans précédent en France, prolonge la polémique déclenchée,
il y a un an, par une annonce d'IntegraGen,
jeune société française de biotechnologies.
Profitant de sa publication scientifique sur la génétique de l'autisme
et des syndromes autistiques dans la revue Molecular Psychiatry, IntegraGen
avait annoncé avoir développé un test de dépistage génétique
de ces affections hautement handicapantes dues à des troubles du développement
neurologique durant la grossesse et la petite enfance,
qui touchent entre 60 000 et 80 000 personnes en France.
D'emblée, certaines réactions avaient été très vives.
Le professeur Thomas Bourgeron (université Paris-VII, Institut Pasteur de Paris)
, un des meilleurs spécialistes de la génétique des syndromes autistiques
avait notamment déclaré : "La question de la fiabilité est encore bien loin d'être
résolue. D'autre part, la plus élémentaire déontologie scientifique et médicale
s'oppose, selon moi, au lancement d'entreprises commerciales fondées pour partie
sur l'angoisse des parents, voire des futurs parents."
(Le Monde du 20 juillet 2005).
L'avis du comité d'éthique de l'Inserm reprend et approfondit ces critiques.
Il souligne notamment que l'on ne peut réduire les syndromes autistiques
à la mutation de certains gènes.
Il soulève aussi une série de questions sur l'évaluation et la commercialisation
de ce type de test.
Jörg Hager, directeur scientifique d'IntegraGen,
précise que ce test, qui fait l'objet d'un large essai clinique aux Etats-Unis
et en Europe, ne vise qu'à évaluer, peu après la naissance, un risque de prédisposition.
Ce qui, en cas de résultat positif, permettrait de mettre en oeuvre au plus vite
une prise en charge médicale.
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