Véronique Bresson, de Névez, est une maman en colère. Il y a quelques semaines, elle promettait à son fils Loeiz qu’il pourrait intégrer la nouvelle unité pédagogique d’intégration (UPI) du lycée public Marie-Lefranc de Lorient. Mais l’ouverture de la classe tant espérée n’est toujours pas à l’ordre du jour.
Loeiz souffre d’une maladie peu connue, la dysphasie, « une sorte de dyslexie à l’oral », explique la maman. « On a commencé à situer le problème quand il avait entre deux ou trois ans ». Les médecins hésitent alors sur le diagnostic : autisme, troubles mentaux ? « A un moment, j’ai pris le mors aux dents. Son problème, c’est un problème de langage ! ». Suit alors « une tournée des orthophonistes de la région. Trois d’entre eux ont été concordants sur la dysphasie ».
« Mon môme savait lire ! »
À cinq ans, Loeiz intègre la section Clis à l’école communale de Trégunc, où il est pris en charge par une institutrice et une éducatrice : « On a eu un duo d’enfer, se souvient Véronique, elle-même professeur. À la fin de l’année, mon môme savait lire ! ». Après cinq ans à l’école primaire, son fils va poursuivre ses études en UPI, au collège La Tour d’Auvergne, à Quimper. « Lors de sa dernière année d’UPI, à 15 ans, il suivait tous les cours de français et de math avec des élèves de 6 e ». Les professeurs conseillent au jeune homme d’intégrer un lycée UPI. Oui mais voila, l’ouverture d’une classe UPI au lycée Marie-Lefranc de Lorient vient d’être annulée : « On nous dit qu’il n’y a pas assez de demandes ».
De l’UPI à l’IME
La seule structure de transition possible est un IME, et depuis septembre dernier, Loeiz fait partie de celui de Quimperlé. « L’IME, c’est très bien, soupire sa mère, mais pas pour lui. Il est en classe à côté d’enfants qui ne savent ni lire, ni compter... » La maman multiplie les rencontres avec les éducateurs, avec les membres de la Maison du handicap de Quimper, mais le quotidien de l’adolescent ne change que très peu. L’épuisement, physique et moral, lui, commence à poindre. Au début du mois de mars pourtant, Véronique apprend que le lycée UPI de Lorient ouvre en septembre prochain. « Tout le monde était d’accord » pour que le jeune homme intègre le lycée. Mais quelques jours plus tard, patatras : l’ouverture est reportée.
Tout ça pour rien ?
Cela fait maintenant trois semaines que Véronique Bresson tente d’obtenir des réponses de l’inspection académique. Sans succès. « Mon fils a été en Clis, en UPI, et il est aujourd’hui à l’IME. Tous ses efforts n’ont servi à rien. J’ai promis à Loeiz qu’il serait en lycée l’année prochaine, et je suis une maman qui tient ses promesses ».
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